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Protéines végétales et musculation : le guide scientifique complet pour progresser sans viande

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Nutrition & Suppléments

Protéines végétales et musculation : le guide scientifique complet pour progresser sans viande

Protéines végétales pour la musculation : lentilles, tofu, quinoa, pois chiches, edamame dans des bols

"Sans viande, tu ne prendras jamais de muscle." Cette phrase, vous l'avez entendue cent fois. Et si la science disait exactement le contraire ? Les athlètes végétariens et flexitariens sont de plus en plus nombreux, et les études récentes montrent qu'avec la bonne stratégie, les protéines végétales peuvent rivaliser avec les protéines animales pour la croissance musculaire. La nuance est dans le comment, pas dans le si.


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Le mythe de l'infériorité des protéines végétales — et ce que dit vraiment la science

Pendant des décennies, la nutrition sportive a reposé sur un dogme simple : les protéines animales sont supérieures, les protéines végétales sont incomplètes, et les végétariens ne peuvent pas sérieusement prendre de la masse musculaire. Ce modèle simpliste s'effrite sous le poids des études récentes.

Une méta-analyse publiée dans le British Journal of Nutrition en 2021 — portant sur 18 études randomisées contrôlées — a conclu que la source protéique (animale ou végétale) n'était pas un facteur déterminant pour la prise de masse musculaire, dès lors que l'apport total en protéines et les acides aminés essentiels étaient couverts [1]. Ce n'est pas un résultat marginal : c'est la synthèse de la meilleure littérature disponible.

Cela ne signifie pas que toutes les protéines sont équivalentes, ni qu'il suffit de manger n'importe quelle salade de lentilles pour prendre du muscle. La nuance est précisément ce que ce guide va vous expliquer. Il existe de vraies différences entre protéines végétales et animales — mais elles sont parfaitement gérables avec une stratégie adaptée.

Le vrai problème n'est pas la source, c'est le profil d'acides aminés. Une protéine végétale peut être parfaitement efficace pour la croissance musculaire si son profil d'acides aminés essentiels est complet et si sa digestibilité est suffisante. C'est sur ces deux axes que tout se joue.

Acides aminés essentiels : la clé que tout le monde ignore

Les protéines sont faites de 20 acides aminés. Parmi eux, 9 sont dits "essentiels" : votre corps ne peut pas les fabriquer, vous devez les apporter par l'alimentation. Ce sont eux qui conditionnent la synthèse protéique musculaire (MPS — Muscle Protein Synthesis), le processus biochimique qui construit le tissu musculaire.

Acide aminé essentiel Rôle clé en musculation Sources végétales riches Végétaux limités
Leucine ⭐ Déclencheur principal de la MPS (mTOR) Soja, lentilles, graines de chanvre Céréales
Lysine Synthèse du collagène, absorption du calcium Légumineuses, quinoa, tempeh Blé, maïs, riz
Méthionine Antioxydant (glutathion), récupération Graines de tournesol, sésame, noix du Brésil Légumineuses
Isoleucine Énergie musculaire, cicatrisation Soja, lentilles, amandes, quinoa
Valine Croissance musculaire, endurance Arachides, champignons, riz brun
Thréonine Synthèse protéique, immunité Lentilles, graines de citrouille, tofu Céréales raffinées

La leucine mérite une attention particulière. C'est l'acide aminé le plus puissant pour activer la voie mTOR — le "bouton on" de la synthèse protéique musculaire. Des recherches menées par le Dr Donald Layman (Université d'Illinois) ont montré qu'un seuil minimal de 2 à 3g de leucine par repas est nécessaire pour déclencher pleinement la MPS [2]. Les protéines végétales contiennent généralement moins de leucine que les protéines animales à quantité équivalente — d'où l'importance d'augmenter légèrement les portions ou de choisir des sources végétales riches en leucine (soja, pois, lentilles).

PDCAAS et DIAAS : comment mesurer la vraie qualité d'une protéine

Toutes les protéines ne sont pas digérées à l'identique. Deux scores scientifiques permettent de comparer objectivement la qualité d'une protéine pour l'être humain.

PDCAAS (ancienne référence)

Le Protein Digestibility-Corrected Amino Acid Score était la norme jusqu'en 2013. Il note les protéines de 0 à 1 selon leur profil d'acides aminés et leur taux de digestibilité. Limite : il plafonne à 1.0 (biais en faveur des protéines animales) et utilise des données de digestibilité fécale, moins précises.

  • 1.0 Protéines de soja, lait, œuf
  • 0.99 Pois (isolat)
  • 0.78 Pois chiches, lentilles
  • 0.59 Blé entier

DIAAS (norme actuelle FAO/OMS)

Le Digestible Indispensable Amino Acid Score, adopté par la FAO en 2013 [3], mesure la digestibilité iléale (plus précise) de chaque acide aminé indispensable séparément. Il est considéré comme la mesure la plus fiable de la qualité protéique pour la nutrition humaine.

  • 1.09 Protéines de lactosérum (whey)
  • 0.98 Isolat de soja
  • 0.93 Isolat de pois
  • 0.64 Haricots cuits
La leçon pratique : Les isolats de soja et de pois ont des scores DIAAS proches des meilleures protéines animales. Ce sont vos meilleures options en protéines végétales pour la musculation. Les céréales complètes seules sont insuffisantes — elles doivent être combinées avec des légumineuses.

Les 10 meilleures sources de protéines végétales pour la musculation

Classement basé sur trois critères : teneur en protéines pour 100g, score DIAAS/PDCAAS et teneur en leucine (déclencheur de la MPS).

Source végétale Protéines/100g Qualité Leucine/100g Atout pratique
Tempeh (soja fermenté) 19g Excellente ~1,4g Probiotiques + B12 naturelle
Edamame (soja jeune) 11g (cuit) Excellente ~0,9g Snack rapide, profil complet
Tofu ferme 8–17g Très bonne ~0,7g Versatile, cuisine facilement
Lentilles (vertes/corail) 9g (cuites) Bonne ~0,6g Économique, riche en fer
Pois chiches 9g (cuits) Bonne ~0,6g Zinc + magnésium
Quinoa 4,4g (cuit) Excellente ~0,3g Seule céréale complète en AA
Graines de chanvre 32g (brut) Très bonne ~2,2g Oméga-3 ALA + leucine élevée
Haricots noirs / rouges 8–9g (cuits) Bonne ~0,6g Fibres + indice glycémique bas
Seitan (gluten de blé) 25g Moyenne* ~1,5g *Faible en lysine, éviter en exclusif
Spiruline 57g (poudre) Très bonne ~1,5g Supplément, fer biodisponible

Complémentarité protéique : la stratégie pour avoir tous les acides aminés

La grande majorité des protéines végétales présentent une limitation en un ou deux acides aminés essentiels. Le concept de complémentarité protéique consiste à combiner des sources végétales dont les profils d'acides aminés se complètent mutuellement pour obtenir un profil complet — similaire à celui des protéines animales.

Bonne nouvelle : Contrairement à ce qu'on pensait dans les années 1970, il n'est pas nécessaire de combiner les protéines au même repas. Votre corps maintient un pool d'acides aminés libres sur une période de plusieurs heures. Ce qui compte, c'est la complémentarité sur la journée. La théorie du "repas complémentaire obligatoire" est un mythe réfuté par l'American Dietetic Association [4].

Les combinaisons gagnantes

Légumineuses + Céréales

Légumineuses : riches en lysine, pauvres en méthionine
Céréales : riches en méthionine, pauvres en lysine

→ Riz + lentilles, maïs + haricots, pain complet + houmous

Légumineuses + Graines

Les graines oléagineuses (tournesol, sésame) apportent la méthionine manquante des légumineuses

→ Salade de pois chiches + tahini, soupe de lentilles + graines de citrouille

Sources "complètes" seules

Certaines protéines végétales contiennent naturellement tous les acides aminés essentiels en proportion satisfaisante

→ Soja (tofu, tempeh, edamame), quinoa, spiruline, graines de chanvre

Combien de protéines végétales pour prendre du muscle ?

La recommandation standard pour la musculation est de 1,6 à 2,2g de protéines par kilogramme de poids de corps par jour, selon la méta-analyse de Morton et al. publiée dans le British Journal of Sports Medicine [5]. Cette fourchette est valable pour les protéines animales à haute digestibilité.

Pour les protéines végétales, la recommandation est légèrement revue à la hausse. En raison d'un score DIAAS souvent inférieur (sauf isolats de soja/pois) et d'une teneur en leucine généralement plus faible, il est conseillé de viser 10 à 20% de protéines supplémentaires pour garantir un apport en acides aminés essentiels équivalent [6].

Omnivore
1,6–2,2g
par kg / par jour
Végétarien / Flexitarien
1,8–2,4g
par kg / par jour
Végétalien strict
2,0–2,6g
par kg / par jour

Exemple pratique : pour un individu de 75 kg en prise de masse végétarienne, l'objectif sera de 135 à 180g de protéines par jour réparties sur 4 à 5 repas. Ce chiffre est parfaitement atteignable avec une alimentation végétale bien construite — aucun supplément n'est obligatoire, même si la protéine de pois peut simplifier la vie quotidienne.

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Timing et répartition : quand manger ses protéines végétales

Le timing protéique est moins décisif que l'apport total quotidien, mais il n'est pas négligeable. La recherche indique qu'une répartition en 4 à 6 prises de 30 à 40g de protéines végétales par repas est plus efficace pour maximiser la MPS que deux repas très riches [7]. Cette recommandation est encore plus pertinente pour les protéines végétales, dont la teneur en leucine est plus faible — l'étalement augmente les chances d'atteindre le seuil leucine par repas.

Moment Objectif Sources végétales idéales Quantité de protéines cible
Réveil Casser le jeûne nocturne, freiner le catabolisme Tofu brouillé, flocons d'avoine + chanvre + amandes 25–35g
Pré-séance (1–2h avant) Fournir des acides aminés disponibles pendant l'effort Edamame, galette de riz + houmous, tempeh 20–30g
Post-séance (30–60 min) ⭐ Déclencher la MPS au moment de la fenêtre anabolique Isolat de pois ou soja + banane, tofu + riz 30–40g
Repas du soir Substrats pour la récupération nocturne Lentilles, haricots, tempeh, fromage végétal de noix de cajou 30–40g
Collation pré-sommeil Protéine à digestion lente pour la nuit Graines de chanvre, beurre d'amande, pois chiches rôtis 20–25g

Whey végétale, protéine de pois, protéine de soja : le comparatif

Aucun supplément n'est obligatoire pour progresser en musculation végétarienne. Mais ils peuvent simplifier la logistique, surtout lorsque les besoins protéiques sont élevés et l'appétit limité. Voici un comparatif honnête des principales options végétales.

L'isolat de protéine de pois est aujourd'hui la meilleure alternative végétale à la whey pour la musculation. Son score DIAAS de 0,82 à 0,93 selon les études est le plus élevé parmi les protéines végétales disponibles en supplément. Une étude publiée dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition (2015) [8] n'a trouvé aucune différence significative entre la whey et la protéine de pois sur la prise de masse musculaire sur 12 semaines chez des hommes s'entraînant en résistance. Son seul point faible : légèrement limitante en méthionine — à compenser par la combinaison avec des graines de chanvre.

Dosage recommandé : 25–30g post-séance. Marques fiables : Vega, Myprotein (pea isolate), Garden of Life.

La protéine de soja est la seule protéine végétale avec un PDCAAS de 1.0 (équivalent à la whey selon cet indicateur) et un score DIAAS de 0,98. Elle est complète en acides aminés essentiels et bien étudiée. Les peurs concernant les phytoestrogènes (isoflavones) ont été largement réfutées par la recherche : des apports normaux (jusqu'à 3 portions de soja par jour) ne modifient pas le profil hormonal des hommes adultes en bonne santé [9]. Elle peut être consommée sans crainte en quantités raisonnables.

Dosage recommandé : 25–35g post-séance ou au réveil. Choisir un isolat plutôt qu'un concentré pour maximiser la teneur en protéines et minimiser les antinutriments.

La protéine de chanvre est extraite des graines de cannabis sativa (sans THC). Elle présente un profil d'acides aminés relativement complet et une excellente teneur en acides gras oméga-3 ALA (2:1 oméga-3/oméga-6). Son taux de digestibilité est cependant inférieur (autour de 91%) et sa teneur en protéines par portion plus faible que la whey ou la protéine de pois. C'est un excellent complément à la protéine de pois ou à la soja, mais pas le meilleur choix comme source exclusive. Son point fort : les fibres, qui favorisent la santé intestinale et la gestion de la glycémie.

Dosage recommandé : 20–25g. Idéal mélangé avec une protéine de pois pour un profil complet.

Les formules combinant pois + riz brun + chanvre (ou soja + pois + citrouille) sont très populaires. L'avantage théorique est la complémentarité des profils d'acides aminés pour obtenir un score global plus proche des protéines animales. En pratique, si vous prenez un isolat de pois ou de soja de qualité, un mélange n'apporte pas de bénéfice supplémentaire démontré. Ces mélanges sont cependant une excellente option pour varier les sources et améliorer la palatabilité. Vérifiez l'absence d'additifs sucrés inutiles.

La protéine de riz brun présente un déficit important en lysine — un acide aminé essentiel indispensable à la synthèse du collagène et à la croissance musculaire. Elle ne doit pas être utilisée comme source protéique exclusive. Elle peut cependant être utilisée en mélange (50/50) avec la protéine de pois pour créer un profil complet : le riz apporte méthionine, le pois apporte lysine — c'est la complémentarité céréale/légumineuse appliquée aux suppléments. Ne pas payer plus cher pour un "isolat de riz" premium si c'est votre seule source.

Plan alimentaire type : 3 jours de menus végétaux pour la musculation

Voici un exemple de 3 journées alimentaires végétariennes adaptées à un individu de 75 kg cherchant à prendre de la masse (objectif : ~165g de protéines/jour, ~2800 kcal). Les sources de protéines animales (œufs, lait) sont incluses en version lacto-ovo-végétarienne. Les versions végétaliennes sont indiquées entre parenthèses.

Petit-déjeuner200g de flocons d'avoine + 30g de graines de chanvre + 200ml de lait de soja + 1 banane + 30g de beurre d'amande
→ ~52g de protéines
Déjeuner200g de tempeh grillé + 150g de riz complet + 200g de brocolis vapeur + 1 cuillère d'huile d'olive
→ ~48g de protéines
Collation post-séance30g d'isolat de pois dans 300ml d'eau + 1 pomme
→ ~26g de protéines
Dîner250g de lentilles vertes cuites + 100g de quinoa + légumes rôtis (courgette, poivron) + graines de tournesol
→ ~42g de protéines

Petit-déjeuner400g de tofu soyeux mixé (type yaourt) + 40g de granola maison + 100g de myrtilles + 20g de spiruline en poudre (optionnel)
→ ~38g de protéines
Collation pré-séance150g d'edamame cuit + 2 galettes de riz + 30g de houmous
→ ~22g de protéines
Déjeuner/Post-séanceBowl de quinoa (150g cuit) + 200g de pois chiches rôtis au cumin + avocat + sauce tahini
→ ~38g de protéines
DînerChili végétarien : 200g de haricots noirs + 200g de haricots rouges + tomates + oignon + épices + 100g de riz complet
→ ~52g de protéines
Pré-sommeil30g de graines de citrouille + 2 cuillères de beurre de cacahuète
→ ~22g de protéines

Petit-déjeunerPancakes protéinés : 200g de flocons d'avoine mixés + 30g de protéine de soja + 1 banane + lait végétal
→ ~48g de protéines
Déjeuner200g de tofu ferme mariné + soba (200g cuit) + sauce tamari + sésame + épinards
→ ~42g de protéines
CollationSmoothie : 200ml de lait de soja + 1 banane + 25g de chanvre + 30g de beurre d'amande
→ ~28g de protéines
DînerCurry de pois chiches (200g) + lentilles corail (150g cuit) + riz basmati + lait de coco
→ ~47g de protéines

Micronutriments à surveiller absolument

Si les besoins protéiques sont parfaitement gérables en alimentation végétale, certains micronutriments essentiels à la performance et à la santé méritent une attention particulière. Ignorer ces carences potentielles peut sérieusement affecter vos progrès et votre bien-être général.

CritiqueVitamine B12

La B12 est exclusivement présente dans les produits animaux (viande, poisson, œufs, lait). Aucune source végétale ne fournit de B12 biodisponible en quantité suffisante (le mythe de la spiruline comme source de B12 a été réfuté — elle contient des analogues inactifs). Une carence en B12 provoque fatigue chronique, anémie mégaloblastique et troubles neurologiques irréversibles à long terme.

→ Supplémentation obligatoire pour les végétaliens : 1000 µg/semaine ou 250 µg/jour (cyanocobalamine ou méthylcobalamine).

ImportantFer (non-héminique)

Le fer végétal (non-héminique) est moins bien absorbé (2–10%) que le fer héminique des viandes (15–35%). Les sportifs végétariens présentent un risque accru d'anémie ferriprive, surtout les femmes en âge de procréer. Pour optimiser l'absorption : consommer des aliments riches en fer (lentilles, épinards, graines de citrouille) avec de la vitamine C (poivron, kiwi, citron) et éviter le café/thé pendant le repas.

→ Dépistage régulier (bilan sanguin) recommandé. Supplémentation uniquement si carence confirmée.

ImportantZinc

Le zinc végétal est moins biodisponible en raison des phytates présents dans les légumineuses et les céréales. Or le zinc est essentiel à la synthèse protéique musculaire et à la production de testostérone. La cuisson, la germination et la fermentation (tempeh, pain au levain) réduisent significativement les phytates et améliorent la biodisponibilité du zinc.

→ Sources prioritaires : graines de citrouille, noix de cajou, tempeh, légumineuses fermentées ou germées.

À optimiserOméga-3 (DHA/EPA)

Les plantes fournissent de l'ALA (acide alpha-linolénique), mais la conversion en DHA/EPA (actifs pour la santé cardiovasculaire et cérébrale, réduction de l'inflammation musculaire) est inefficace : moins de 10% de l'ALA est converti en EPA, encore moins en DHA. Les algues marines — source originelle des oméga-3 des poissons — sont la seule alternative végétale directe au DHA/EPA.

→ Supplément d'huile d'algues (200–300 mg DHA/EPA) recommandé pour les végétariens sportifs.

Nutrition végétale & Performance

Un régime végétarien bien construit peut être plus efficace qu'une alimentation classique bâclée.

La vraie limite n'est pas votre régime alimentaire — c'est l'absence de stratégie personnalisée. Un accompagnement adapté à votre profil, vos objectifs et vos préférences alimentaires change tout.

FAQ : questions fréquentes sur les protéines végétales et la musculation

Oui, sans ambiguïté. La méta-analyse de Lim et al. (2021) publiée dans le British Journal of Nutrition [1] montre que la source protéique n'influence pas significativement les gains musculaires dès lors que l'apport total en protéines et en acides aminés essentiels est couvert. Des athlètes de haut niveau végétariens et végétaliens existent dans pratiquement toutes les disciplines de force et d'endurance. La clé est la stratégie : apport protéique légèrement augmenté, complémentarité des sources, vigilance sur les micronutriments critiques (B12, zinc, fer).

Sur le plan de la prise de masse musculaire, oui. L'étude de Babault et al. (2015) [8] est la référence : sur 12 semaines de musculation, les participants supplémentés avec 25g de protéine de pois post-séance ont pris autant de muscle que le groupe whey. La différence principale reste le score DIAAS légèrement inférieur (0,82–0,93 vs 1,09 pour la whey) et une teneur en leucine plus faible — ce qui peut se compenser en augmentant légèrement la portion (30–35g au lieu de 25g) ou en choisissant un isolat de qualité.

C'est l'une des peurs les plus répandues et les moins justifiées scientifiquement. Les isoflavones de soja sont des phytoestrogènes — des molécules d'origine végétale qui peuvent se lier aux récepteurs aux œstrogènes, mais avec une affinité très faible (1000 à 10 000 fois inférieure à l'œstradiol humain). La méta-analyse de Hamilton-Reeves et al. (2010) [9], portant sur 15 essais cliniques, conclut que la consommation de soja ou d'isoflavones ne modifie pas les concentrations de testostérone libre, de testostérone totale ni d'œstrogènes chez les hommes adultes en bonne santé, dans le cadre d'une consommation normale (jusqu'à 3 portions par jour). Les quelques cas cliniques de gynécomastie publiés concernent des consommations extrêmes (plusieurs litres de lait de soja par jour pendant des années).

C'est plus accessible qu'on ne le croit. La clé est de structurer chaque repas autour d'une source protéique végétale dense : tempeh (100g = 19g), edamame (200g cuit = 22g), tofu ferme (200g = 16–34g selon la marque), lentilles (250g cuit = 22g), pois chiches (250g cuit = 22g). En ajoutant une portion de protéine en poudre (30g d'isolat de pois = 25–27g), atteindre 160–170g quotidiens est réalisable sur 4 à 5 repas. Le vrai défi est souvent le volume alimentaire et les calories associées — les aliments végétaux étant moins denses en protéines, vous mangerez un volume plus important. Consultez notre article sur le volume alimentaire pour gérer cet aspect.

Les légumineuses contiennent des antinutriments (phytates, lectines, inhibiteurs de trypsine) qui réduisent l'absorption de certains minéraux et peuvent irriter le tube digestif à cru. Mais dans le contexte d'une alimentation normale (légumineuses cuites, non consommées crues en grande quantité), leur impact est minime et largement gérable. Les techniques simples de préparation réduisent drastiquement ces composés : trempage 8–12h + cuisson prolongée (élimine 80–90% des lectines et phytates), germination (réduit les phytates de 30–50%), fermentation (tempeh, miso — élimine quasi totalement les antinutriments). Contrairement aux affirmations alarmistes de certains régimes, les légumineuses bien préparées sont des aliments de haute valeur nutritionnelle pour les sportifs.

C'est un avantage souvent méconnu : les végétariens ont des réserves de créatine musculaire naturellement plus basses (la créatine alimentaire provient quasi exclusivement de la viande et du poisson). Résultat : la supplémentation en créatine monohydrate a un effet encore plus marqué chez les végétariens que chez les omnivores. Une étude de Burke et al. (2003) a montré une augmentation des réserves de créatine musculaire de 26% chez les végétariens vs 15% chez les omnivores après supplémentation [10]. C'est donc le complément numéro 1 à considérer en alimentation végétale, avant même les protéines en poudre. Consultez notre guide complet sur la créatine pour les détails de protocole.

Conclusion

Les protéines végétales ne sont pas des protéines de "seconde classe". Elles sont différentes, avec leurs forces et leurs contraintes spécifiques — mais une alimentation végétale bien construite permet d'atteindre les mêmes objectifs de prise de masse et de recomposition corporelle qu'une alimentation omnivore. La stratégie est simple : viser 10 à 20% de protéines supplémentaires pour compenser la digestibilité inférieure, diversifier les sources pour couvrir tous les acides aminés essentiels, prioriser le soja et les légumineuses pour la leucine, surveiller B12, zinc, fer et oméga-3 DHA/EPA. Et si vous souhaitez simplifier, un isolat de pois ou de soja de qualité fait parfaitement l'affaire en complément d'alimentation.

La vraie question n'est pas "végétal ou animal ?" — c'est "est-ce que ma stratégie nutritionnelle est cohérente avec mes objectifs ?"

Études et Littérature Scientifique

  1. Lim MT, et al. Animal Protein versus Plant Protein in Supporting Lean Mass and Muscle Strength: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Nutrients. 2021;13(2):661.
  2. Layman DK. Protein quantity and quality at levels above the RDA improves adult weight loss. J Am Coll Nutr. 2004;23(6 Suppl):631S-636S.
  3. FAO. Dietary protein quality evaluation in human nutrition. Report of an FAO Expert Consultation. FAO Food and Nutrition Paper. 2013;92.
  4. American Dietetic Association; Dietitians of Canada. Position of the American Dietetic Association and Dietitians of Canada: Vegetarian diets. J Am Diet Assoc. 2003;103(6):748-765.
  5. Morton RW, et al. A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength. Br J Sports Med. 2018;52(6):376-384.
  6. Messina M, et al. No Difference Between the Effects of Supplementing With Soy Protein Versus Animal Protein on Gains in Muscle Mass and Strength in Response to Resistance Exercise. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2018;28(6):674-685.
  7. Areta JL, et al. Timing and distribution of protein ingestion during prolonged recovery from resistance exercise alters myofibrillar protein synthesis. J Physiol. 2013;591(9):2319-2331.
  8. Babault N, et al. Pea proteins oral supplementation promotes muscle thickness gains during resistance training: a double-blind, randomized, Placebo-controlled clinical trial vs. Whey protein. J Int Soc Sports Nutr. 2015;12(1):3.
  9. Hamilton-Reeves JM, et al. Clinical studies show no effects of soy protein or isoflavones on reproductive hormones in men: results of a meta-analysis. Fertil Steril. 2010;94(3):997-1007.
  10. Burke DG, et al. Effect of creatine supplementation and resistance-exercise training on muscle insulin-like growth factor in young adults. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2003;13(3):349-359.
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